mercredi 29 mars 2017

Les violettes

Ce matin, j'ai découvert au fond du jardin, de timides violettes qui se miraient dans les gouttes de rosée. Le printemps est là.
les violettes sont tapies, silencieuses, dans les herbes. Elles n'ont pas l'orgueil démesuré des roses qui se pavanent au soleil, sur de longs murs.



 D'un coup de baguette magique, ces petites fleurs si timides, défroissent leurs robes couleur parme, et se répandent dans les bois, les chemins et les prairies.  Parfois elles font un brin chemin avec les coucous qui éclatent en grosses tâches jaunes d'or. Les pétales des violettes solitaires regardent surprises les petits cailloux de l'allée
.



 Elles se donnent bien du mal pour embaumer les sous bois de leurs suaves parfums. En vain , elles n'ont plus de parfums.

La violette est dans le pré,
Dans la clairière, la jonquille
Sous l'arbre en espoir de famille
On entend le merle chanter
Du mois d'avril au mois de mai
Pierre Menanteau ( 1895-1992 )




vendredi 25 mars 2016

Jour de pluie

Je tiens ma tasse de thé bien chaude entre les mains et je regarde par la fenêtre.

Je regarde la pluie qui tombe tranquillement sur le banc de pierre.


Le ciel déroule ses nuages gris et il pleure, la journée va paraître plus triste.
Tout est silence dans la maison, seul me parvient le cliquetis de l'eau sur le banc. La pluie me calme et m'apaise. J'aime ces instants fugaces comme une fleur mourante.

Et je  reste, là, devant la fenêtre, à regarder les gouttes de pluie coulées sur les vitres. 

je porte la tasse de thé à mes lèvres. Le thé est froid.


jeudi 17 mars 2016

L'armoire

La richesse d'une maison s'appréciait à la quantité d'armoires qu'elles possédaient.
L'armoire est l'orgueil de la famille, elle a une place d'honneur. Les parents l'offrent à leur fille le jour de son mariage. La date est souvent sculptée au fronton.

Les draps en lin ou en chanvre sont méticuleusement empilés sur les rayonnages.
Et puis il y a le linge que l'on sort de l'ombre pour les grandes occasions. Les grandes tables accueillent les nappes séchées sur les prés et blanchies au soleil pour la communion d'une petite, le mariage d'un fils ou l'enterrement d'un grand-père.


L'armoire qui trône dans ma salle m'a été donné par ma grand-mère. Elle ne renferme plus des piles impeccables de beaux draps festonnés et monogrammés. Mais j'aime à me souvenir de l'odeur de la lavande  ou des pétales de roses qui s'en dégageait lorsque la porte de l'armoire s'ouvrait.


Maintenant, dans la jolie armoire de ma grand-mère, se dissimulent les assiettes, les plats, les verres et les couverts.


 Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.
Arthur Rimbaud