vendredi 11 septembre 2015

Les tournesols

Dans la plaine j'entends rire de grosses têtes jaunes bien posées sur des tiges épaisses et droites. Les tournesols fiers et hautains regardent le soleil et le suivent des yeux mais le puissant soleil les obligent à pencher la tête. Pour se venger les tournesols enflamment leurs corolles et lancent des pointes de feu dans le bleu du ciel.


Les abeilles admirent leur beauté parfaite avant d'oser butiner le miel de leur cœur.
Le soleil est moins chaud,  petit à petit les pétales se détachent des corolles, volent un moment et viennent s'échouer au pieds des tournesols. Devenues brunes, les grosses têtes s’affaissent sur les tiges. leurs précieuses graines feront le régal des oiseaux de nos jardins quand l'hiver installera sa froidure.



"La folie de Vincent a cru, dans tes pétales
Entrevoir les grands feux d'un lointain paradis
tu as su fasciner le grand peintre maudit
Qui, au milieu des champs recherchait les étoiles"
auteur inconu

dimanche 6 septembre 2015

Les ruelles


Je marche doucement dans la ruelle étroite, baignée de soleil. La douce et suave odeur du tilleul me mène sur la place vide, endormie sous la moiteur de l'été. Assise sous la tonnelle du petit café, tout en remuant mon orangeade, il me revient en mémoire d'autres ruelles colorées, vivantes, animées ou tristes, sombres sans bruit et sans odeur.

Au Portugal, les maisons blanchies à la chaux se reflètent dans les pavés gris des ruelles étroites et fraîches. Il me  revient en mémoire le parfum subtil du linge qui sèche aux fenêtres et les fleurs des bougainvillées qui sont partout.
Ruelle à Lisbonne

Bougainvillé

Pékin, il a urgence à garder les hutongs, ( les politiques les détruisent ) ce réseau de ruelles entrelacées les unes dans les autres forment de vrais labyrinthes Ces ruelles sont organisées autour de cours carrées. Elles racontent l'histoire de Pékin, des traditions et la vie de cette ville. Mais malgré leurs charmes ces hutongs sont souvent très dégradés et ne possèdent pas de sanitaires ni eau courante

La vie dans les hutongs

Maison carrée dans un hutong

Se promener dans ses ruelles de la Havane, c'est découvrir que le temps s'est arrêté. Les maisons délabrées évoquent une splendeur passée. Les couleurs pastel délavées par les saisons donnent une atmosphère pleine de tristesse.
Au cœur historique de la Havane, les ruelles aux parfums enivrant réservent toujours de belles surprises et de belle rencontres: des femmes brodent des nappent blanches assises sur le trottoir, des hommes, tout en lisant le journal, fument de gros cigares, des enfants promènent des oiseaux en cage. Je suis dans la Havane, meurtrie, rongée par le sel, ballottée par l'histoire mais fière de son passé

La Havane

Des enfants promènent les oiseaux.

Je reprends ma flânerie dans les ruelles de ma ville. Pour moi, une jolie occasion de redécouvrir les toits bourguignons multicolores. Me voilà revenue au Moyen Age dans les  petites rues au nom qui rappelle les anciens métiers de la ville: rue chaudronnerie, rue vannerie, rue verrerie. rue des forges. Beaucoup de bels hôtels particuliers et de maisons à colombages nous racontent  toute la richesse des seigneurs de Bourgogne.

Toit Bourguignon

Maison à colombages dans le centre de la vieille ville

Il est temps pour moi de rentrer mais je reviendrai flâner dans les ruelles de ma ville

mardi 1 septembre 2015

Les jardins familiaux

1900
Emile, Joseph, Pierre et Georges quittent leur village pour aller travailler à l’usine, rêvant d'une vie meilleure. Mais bien vite, le désenchantement fait place à leurs espérances. Les salaires ne sont pas ceux promis.
Nos quatre amis décident un jour de cultiver quelques ares en friche entrevue à la sortie de la ville. Le jardin ouvrier était né.
les quatre hommes redeviennent  vite des paysans. Ils sont heureux de retrouver le contact avec la terre. Ils se sentent de nouveau libre, loin des cadences imposées par le chef. De voir pousser les carottes, les pommes de terre, les navets et les choux leur donne un plaisir sans égal.

trouver sur le net

1950.
La guerre a laissé derrière elle des millions de pauvres et d'affamés.
Daniel, Michel, Jacques et Bernard, les enfants de nos quatre amis reprennent le chemin des jardins appelés maintenant jardins familiaux. Ils ont construits de petites cabanes en bois qui se confondent dans le paysage du potager. Les légumes au saveur sans pareille nourrissent la famille et complètent le revenu de l'usine.


2015
David, Julien, Laurent et Sébastien, les petits enfants de nos amis, après avoir quitté costumes et cravates vont respirer le bon air dans les jardins partagés. Ils se reposent tout en se régalant de brochettes de viande grillées sur le barbecue le samedi soir avec d'autres amis. Les légumes indispensables ont remplacé peu à peu, pour le plaisir, les légumes oubliés, les herbes de nos grand-mère et les quatre copains regardent butiner les abeilles sur les fleurs qui partent à l'assaut de la barrière.


...Sous la couleur des fruits
dans l'odeur des étés
Ils renonçaient au bruit
des gros marteaux d'acier...
Didier Venturani 1999